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    January 27

    Le Zobibi Lapin

    Oui, je reviens d'entre les morts après de longs mois d'absence et après être partie sous d'autres cieux, comme ça, paf, sans laisser d'adresse, en laissant des milliers de lecteurs sur le carreau, lecteurs qui se sont d'ailleurs suicidés par ingestion massive d'alccol de riz frelaté. Car, oui, en effet, tous mes lecteurs étaient chinois, me demandez pas pourquoi, j'en reste moi-même assez décontenancée.
    Le pire dans tout ça, c'est que je ne reviens même pas raconter ma vie, non, alors que c'est de que la terre entière attendait pourtant. Oui, je le sais, les gens sont impatients de savoir si ma voiture roule toujours (ce qui est le cas et je l'en remercie chaque semaine en lui offrant un sapin-sent-bon tout neuf et en faisant briller son capot à coups de mollards) ou encore si ma vie regorge toujours de péripéties cocasses et hilarantes (oui, c'est aussi le cas, hier par exemple, j'ai marché dans une crotte de chien, c'est pas cocasse et hilarant ça?).
     
    Mais non, comme une sale pourrie que je suis, je reviens juste pour faire  de la pub pour là  (là, normalement, grâce à la magie de la technologie moderne, une bannière s'affiche et, comme vous êtes vraiment sympa, vous cliquez dessus.)

    Photobucket

    Cliquer sur le lien nous permettra de gagner un concours de référencement crétin qui a pour but ultime de faire apparaître son site en première position dans Google avec le lot-clé Zobibi. Oui, c'est pour se faire de la pub, disons-le clairement, assumons notre besoin irrépressible de reconnaissance.


      Et puisque j'en suis à faire de la pub pour ma paroisse, voici d'autres bannières (sur lesquelles vous aurez également l'obligeance de cliquer puisque décidemement, vous êtes trop sympas, vous êtes trop mes amis.)

    Photobucket 

     

    Et puis, faut cliquer là aussi, parce que c'est bien là, c'est là où j'ai posé mes valises.

    Photobucket

     


    Voilà, je vous ai donné des longues heures de joie et de détente, ne me remerciez pas, contentez-vous de me faire un chèque.

    August 22

    Miracle

    Woooaahh! Un nouveau billet!!!

    ...................................

    Non, c'était une blague.

    May 05

    Fait divers

    Demain, comme chacun sait, c'est le second tour de l'élection présidentielle. Mais ça, on s'en fout parce qu'il ya des choses plus importantes qui se passent dans le monde à l'heure où je vous parle. Et c'était pareil pour hier.
    Parce qu'hier, je suis allée chez le coiffeur et ça, vous en conviendrez, c'est un événement qu'on ne peut passer sous silence sous prétexte qu'on saura qui est le gagnant du Tour de France demain.

    Voilà, hier, je me baladais donc sur l'avenue, le coeur ouvert à l'inconu, j'avais envie de dire bonjour à n'importe qui. N'importe qui, et ce fût toi, chère coiffeuse et il semblerait que je t'ai dit n'importe quoi, vue qu'au lieu de me rafraîchir la coupe, tu as jouée à Edward aux mains d'argent.Tout avait pourtant bien commencée entre nous, si on excepte le fait que tu m'as faite poireauter 1h30 entourée de personnes âgées qui avaient, sembe-t-il, une furieuse envie de discuter et de marmots qui avaient, semble-t-il, une furieuse envie de m'empêcher de lire Gala. Mais bon, je passe là-dessus car ma chère coiffeuse, tu es semble-t-il une personne très demandée.

    Quand est venu mon tour, j'étais en plein milieu d'un article palpitant sur le fait que 20 ans de diférence d'âge dans un couple, c'est une broutille car comme chacun le sait, l'amour est toujours plus fort que ces basses considérations.
    Tu m'as fait asseoir devant une glace et tu as pris cet air désespéré qui n'annonçait rien de bon. Tu m'as demandé ce que je voulais, je t'ai répondu que je voulais un racourcissement capillaire, tu as pris un air entendu qui semblait vouloir dire :"Ouais, tu m'étonnes." Et puis, tu as eu cette phrase qui aurait du me mettre la puce à l'oreille :"vous voulez quelque chose de déstructuré?" Euh.....Là, j'ai du hocher la tête.

    Ensuite, tu m'as fait asseoir dans ce confortable fauteuil agrémenté d'un lavabo, ce genre de lavabo de coiffeurs qui vous fait craindre le coup du lapin à chaque seconde. Puis après m'avoir ébouillanté le cuir chevelu, tu as semble-t-il essayé avec tes doigts agiles de faire pénétrer le shampoing au plus profond de mon cerveau en me broyant la boîte crânienne au passage. Notre histoire me paraissait déjà moins belle à ce moment là. Puis vint la question fatidique : "Je vous fais un soin?" Le soin en question consiste à vous tartiner la chevelure d'un produit miracle destiné à donner à vos cheveux une beauté incomparable. Puis on vous enveloppe le crâne d'une serviette humide chauffée à 500° qui vous fait vous demander si votre cuir chevelu ne va pas fondre.
    - Ca va, c'est pas trop chaud?
    - Ben euh...
    -Très bien, je reviens dans un instant.

    Vint le moment tant attendu de la coupe, ce moment où on se demande quelle idée à la con vous a fait entrer dans ce salon. Je te le dis avec toute la bienveillance dont je suis capable en cet instant, ma chère coiffeuse, tu es une grosse bourrrine. Quand je parlais d'Edward aux mains d'argent, je n'exagérais pas sauf qu'Edward avait un don, ce qui n'est pas ton cas. J'ai vu des touffes de cheveux voleter devant moi jusqu'à ne plus pouvoir me regarder dans le miroir en face. Il semblait de plus que tu aies décidé de battre un record de vitesse et ç'aurait été aimable de me le faire savoir avant.

    Je ne peux nier que tu as effectivement raccourci ma coupe. C'est un fait, mes cheveux sont plus courts. Néanmoins, entre couper 3 cm de cheveux et 10 cm, tu avoueras qu'il y a une marge conséquente. Tu as parfait ton ouvrage avec le fameux brushing impossible à refaire chez soi, qui vous donne l'impression d'avoir une épaisse chevelure quand vous n'avez que des cheveux filasses. Tout cela agrémenté bien sûr d'une dose impressionnante de laque. Je le dis sans détour, ce sont les coiffeuses qui sont responsables du trou dans la couche d'ozone et du réchauffement climatique.

    Quand tu eues enfin fini de maltraiter mes cheveux, tu as eu l'air extrêment satisfaite. D'ailleurs, dans le salon, tout le monde avait l'air satisfait. "C'est vachement bien" m'a même lancé une jeune femme que j'aurais tué pour avoir sa coupe. Je dois bien avouer quand même qu'au final, je trouvais ma coupe pas si mal que ça.

    Malheureusement ma chère coiffeuse, je dois bien dire qu'aujourd'hui, j'ai envie de te faire avaler ta paire de ciseaux et de te coller ton séche-cheveux dans la gorge pour la faire passer. Car cette magnifique coupe déstructurée que tu m'as faite hier s'est transformée en casque aujourd'hui et ça, je ne suis pas sûre de pouvoir te le pardonner. C'est avec regret que je dois t'annoncer que je vais devoir mettre fin à notre collaboration, sale conne.

    Voilà pourquoi le second tour des élections présidentielles me semble aujourd'hui une chose bien futile quand on sait quil me faudra beaucoup de courage et un bonnet pour passer la porte de la mairie de la Roche-maurice demain pour accomplir mon devoir de citoyenne. Je sens que vous êtes émus, ne vous inquiétez pas, je serai forte.


    April 22

    Rétrospective


    Après avoir reçu des menaces de mort terrifiantes visant à me faire reprendre mon activité blogesque sous peine de tortures douloureuses, je n'ai d'autre choix que de pondre un billet.


    Que s'est-il passé depuis le 6 mars, date de mon dernier opus?

    1. J'ai subi une opération à coeur ouvert et j'ai maintenant des ventricules de babouin tout neufs.
    2. J'ai été victime de la traite des blanches et on m'a ainsi forcée à aller travailler jour et nuit dans une imprimerie où on imprimait à grande échelle des ouvrages révolutionnaires sur la suprématie bretonne, destinés à être diffusés sous la parka Guy Cotten.
    3. Suite à cette expérience douloureuse, j'ai du faire un séjour dans un centre de désintoxication pour combattre ma dépendance au biniou.
    4. J'ai également du me faire ablationner les deux mains qui étaient rongées par la gangrène à cause d'un manque d'hygiène déplorable de mon lieu de captivité.
    5. J'ai organisé avec mon ami Tchômi une conférence à l'ONU sur le pâté Hénaff et la ratatouille en bocal.
    6. Je suis devenue écrivain animalière spécialisée dans les lapins.
    7. On m'a forcée à participer à un grand rassemblement festif d'écoles d"ingénieur. Durant cette soirée où je n'ai bu pourtant que du jus de carottes, j'ai dépensé un demi-million de dollars, j'ai failli mourir un demi-million de fois dans une voiture conduite par quelqu'un qui avait ajouté trop de pastis dans son jus de carottes. A cette occasion j'ai rencontré des gendarmes fort aimables. Alors que nous venions de les apercevoir en train de contrôler des voituresà 10 mètres devant nous, notre chauffeur a trouvé que cétait une bonne idée de s'arrêter brusquement, de reculer et de se prendre un poteau en passant, avec cette phrase extraordinaire "Eeeeh, de toute façon, y peuvent rien faire, j'suis à l'arrêt!!!". Miraculeusement, un gendarme fort aimable nous a prévenu qu'il fallait être prudent car des flics faisaient un contrôle un peu plus loin. Et hop, il est parti. Je pense écrire au Vatican pour faire homologuer ce miracle, je soupçonne Jean-Paul II d'y être pour quelque chose.

    Avec toutes ces péripéties, il est vrai que je n'ai pas eu le temps d'écrire grand chose ici. Mais maintenant que je me suis fait greffée deux mains de babouins toutes neuves, je peuxr réparer cet oubli.

    March 06

    Modernitey

    Il y a quelques temps déjà, je m'en souviens comme si c'était le 27 février, j'écrivais un billet incompréhensible à propos d'un supposé désespoir qui se serait abattu sur moi pour des raisons que tout le monde ignore. Je ne reviendrai pas sur ce sujet.

    En effet, en ce moment, je suis totally overbookée, complètement busy, j'ai trop de choses à gérer. Mon marchand de journaux me l'a d'ailleurs fait remarquer ce matin en me rendant la monnaie : "Vous, vous êtes une femme Barbara Gould". Bon, d'accord, il n'a pas vraiment dit ça. Si je veux être tout à fait honnête, il m'a dit "Merci et bonne journée!", mais j'ai lu dans son regard comme une sorte d'admiration pour l'idéal de femme que je représente, la femme active, la femme Barbara Gould. Sauf que contrairement aux vraies femmes Barbara Gould, je ne porte pas de tailleurs avec épaulettes modèle culturiste et collants assortis à ma couleur de cheveux. Je me contente juste d'être complètement à l'aise dans l'univers moderne du monde d'aujourd'hui, complètement en phase avec mon époque et complètement dépourvue de sébum au niveau des pores.

    Et la vie moderne, c'est pas du gâteau, surtout quand elle rend votre peau terne et vous colle des petites rides sournoises au coin des yeux alors que vous n'avez même pas encore atteint la ménopause. Chienne de vie.

    Rien qu'aujourd'hui, j'ai du affronter les 1001 contrariétés que seule une femme Barbara Gould peut traverser avec une totale décontraction et une peau impeccable.

    Déjà, à mon réveil, j'ai du faire face à mon visage dans le miroir. Je dirais bien que j'avais une tête un peu fatiguée mais en vérité j'avais une sale tronche avec des poches violacées d'une profondeur abyssale sous les yeux. Les boules.
    Ensuite j'ai allumé mon ordinateur sur lequel j'avais installé la veille la version 2 de Windows XP, par souci de modernité bien évidemment. Quelle n'a pas été ma surprise quand j'ai découvert que mon ordinateur était soudain devenu grabataire et n'avait plus la force  de m'ouvrir un programme que toutes les dix minutes. Heureusement que je suis une femme Barbara Gould, sinon il est fort probable que j'aurais fini par l'exploser contre un mur en poussant des hurlements.Alors que là, je me suis contentée de le regarder avec dédain et de lui tourner le dos en effectuant un magnifique jeté de cheveux. Bon, le jeté de cheveux, c'est bien mais disons le franchement, ça marche pas vraiment sur les ordinateurs, ni sur autre chose d'ailleurs. Et en plus, ça fait mal quand on s'est pas échauffé.
    Bon ensuite, rien de particulier, j'ai juste renversé une boîte de punaises et je me suis dit "Tiens, et si je marchais dessus, est ce que j'aurais mal?". La femme Barbara Gould est une aventurière. Effectivement, j'ai eu mal. La femme Barbara Gould est un peu conne parfois.
    Comme tous les jours, je me rendais à mon école de sauveur de l'humanité dans ma Cinquecento ultra-moderne et hyper-pratique pour circuler en métropôle (oui, Brest est une métropôle,et même qu'elle est océane, si, si, c'est véridique). Ma Cinquecento est tellement moderne qu'elle possède un toit ouvrant, ou devrais-je dire plutôt une lucarne ouvrante. Le problème est que, s'il est ouvrant, sur ma voiture ce toit n'est pas fermant. Il avait beaucoup plu hier. Comment vous faire partager cette sensation de siège gorgé d'eau combiné à une odeur prégnante de cendrier plein? Vous me direz, qu'est ce que fait un cendrier plein dans la voiture d'une femme Barbara Gould? Et bien, je vous répondrai qu'il a du s'égarer, qu'il a vu de la lumière, tout ça tout ça.
    A ce moment là, je n'ai pas poussé d'injures, je n'ai pas tapé sauvagement dans ma voiture, tout juste ai-je pu sentir une légère accélération de mon rythme cardiaque.

    La journée s'est déroulée sans autres embûches mais le problème est qu'elle fût longue. Et de trop longues journées ont tendance à annihiler les effets Barbara Gould, ce qui fait qu'en rentrant chez moi dans ma voiture mouillée et puante, en découvrant que mon ordinateur était resté bloqué à la case sénile et lorsque j'ai découvert avec douleur une punaise enfoncée dans mon talon droit, j'avoue que je n'ai pu m'empêcher pousser un hurlement sauvage agrémenté d'une bordée de jurons. J'avoue aussi avoir traité Barbara Gould, qui par ailleurs doit être une femme charmante, de connasse.

    Mais ça va mieux. Et oui, moi je suis une femme Barbara Gould.


    February 27

    Mais qu'est ce que c'est?????

    A l'heure où j'écris ces quelques mots (c'est l'heure où habituellement je prends mon goûter), je suis sur le point de sombrer dans le désespoir le plus total, le plus noir et le plus nauséabond, genre le désespoir de compèt', un truc de ouf....Je sens bien que vous vous interrogez sur les causes de ce désespoir si total, si noir et si nauséabond et je comprends bien votre curiosité car moi-même, à votre place, je me serai également demandée ce qui peut bien causer une telle sorte de désespoir si total, si noir et si nauséabond, genre le désespoir de compèt, un truc de ouf. Et là, tout de suite, je me demande si la répétition systématique de "désespoir total, noir et nauséabond, genre le désespoir de compèt, un truc de ouf" n'alourdirait pas un peu ma prose et si j'arrêtais d'en faire des caisses, ne serait-ce pas plus mal? A l'heure où j'écris ces quelques mots, je n'ai toujours pas trouvé de réponse à cette question mais j'y travaille avec acharnement.

    Pour ce qui est de la cause de ce désespoir blabalabala...., je ne sais s'il faut en parler ici, est-ce bien l'endroit où il faut révéler de pareilles choses, ne faudrait-il pas que je ménage un peu la sensibilité du lecteur qui est, je le sais, à fleur de peau (si quelqu'un c'est ce qu'est une fleur de peau d'ailleurs, je veux bien qu'il m'explique)?
    En même temps, si je n'explique rien, ce billet a-t-il un quelconque intérêt ? Enfin, si on va par là, des mauvaises langues (oui, vous, je vous vois!) pourront me faire remarquer que coller une vidéo de Nicolas Dupont Aignan sur son blog n'a pas non plus grand intérêt et à ces langues de p...je répondrai solennellement :"Eh oh! j'fais c'que j'veux moi!!!" avec force point d'exclamations.

    Tout ceci ne fait guère avancer le schmilblick qui, je le précise, n'est pas un objet avec lequel on peut faire la cuisine ou qu'on peut transporter dans son sac à main. N'ayant pas réussi à résoudre le fond du problème, à savoir révéler au monde entier les causes de ce désespoir si total, si noir et si nauséabond, genre le désespoir de compèt, un truc de ouf, je propose d'ajourner cette séance et de remettre cette question à l'ordre du jour de notre prochaine réunion des Consommateurs de LSD Anonymes.

    Sinon, ça va, chuis pas fatiguée du tout, j'ai les neurones en pleine forme, un truc de ouf.

    February 06

    Nico 2


     
    Danger: Les Maires sous pression...


    Parcque deux Nicolas valent mieux qu'un...
    Maires de Picardie qui tremblez dans vos petites mairies faites de paille et de torchis , vous qui êtes envahis par la terreur de perdre les subventions du Conseil Général , vous qui craignez par dessus tout que Francis, votre pote du conseil municipal vous fasse la tête et refuse d'aller s'en mettre un derrière le col à la sortie de la mairie, rassurez-vous! Nicolas Dupont Aignan a passé mardi et mercredi deux jours en Picardie! Le messie est là, vous n'avez plus rien à craindre, ça se lit dans l'expression de sa main gauche.
    Alors, sans complexes,
    VOTEZ NICOLAS DUPONT AIGNAN

    En même temps, comme il dit, la route est longue, pleine d'embûches et de dangers qui guettent à chaque tournant. Faut se méfier quand même, on est dans un pays de ouf et bon, ben faut dire que NDA comme on l'appelle dans le milieu, il est assez radical. Il est gentil, c'est sûr, il a une belle coupe de cheveux, des belles mains, il sait parler à la France d'en dessous celle d'en bas, mais je sais que vous vous dîtes, quand même, quelle subversion dans le propos, ça doit être un pote des Musclés.

    Néanmoins, pour l'avenir de la Picardie, faîtes un geste parcque là il fait un peu pitié quand même. Donc, si vous-même n'êtes pas maire et si par hasard vous connaissez la soeur du cousin d'un maire quelconque ou si votre mère connaît la belle-soeur par alliance du cousin d'un maire ou si votre frère a un ami dont la tante est la voisine d'un maire ou si votre chien a l'habitude d'aller pisser contre une mairie quelconque, n'hésitez plus, oubliez vos angoisses et touchez-en un mot à ladite personne qui connaît ledit maire.

    Vive la France et vive le Général!

    February 04

    Exclusivité mondiale

    On les croyait morts et enterrés ou exilés en laponie et il faut bien avouer que sans eux, la vie de tous les jours après la sortie de l'école n'était plus tout à fait la même, la joie de vivre nous avait quittés, des nuages sombres avaient envahi notre ciel auparavant si bleu, on s'emmmerdait grave et même le chien faisait la gueule.

    Et il y a quelques minutes, alors que je me morfondais toute seule chez moi, me repassant inlassablement le triste film de ma vie et les meilleures chutes de Vidéo Gag, j'ai entendu cette extraordinaire nouvelle : les Musclés sont de retour. Déjà, la nouvelle en soit n'était pas piquée des vers, mais à l'écoute de leur dernier tube, je me suis dit tout naturellement que cet événement méritait d'être partagé.

    Il apparaitraît en effet qu'une certaine forme de subversion ait gagné ce groupe mythique. Ils ne sont pas contents les Musclés, non, ils ne sont pas contents du tout et le font savoir dans "Nicolas et Ségolène" (à voir ici), remix soviético-tyrolien de "Nicolas et Marjolaine", tube de leur amie de toujours Dorothée. Il y a un certain avant gardisme à mêler le désormais mythique "Ya la la Hi hou" d'Eric avec des sortes de choeurs de l'Armée Rouge et à montrer Nicolas Sarkozy faisant un doigt d'honneur à qui voudra bien le recevoir.

    Et oui, les Musclés se sont politisés, personne ne sait encore ce qu'il s'est passé, comment cela a-t-il bien pu se produire, mais en tout cas, François Bayrou doit être soulagé de savoir que des peoples se sont ralliés à la cause centriste.

    Au nom de la France, merci les Musclés!

    January 29

    O temps, suspends ton vol! Le retour

    Y a des jours comme ça où il ne fait pas bon remuer la boue immonde du passé, où il vaut mieux laisser ses vieux souvenirs derrière soi et ne pas regarder en arrière car si on prend le risque de se retourner, on risque de rester enlisé dans la vase.

    Woah!!! Je trouve cette première phrase complètement géniale, pétrie de philosophie et de suspense, je pense qu'on pourrait en faire un film. Mais tel n'est pas le sujet de mon propos qui est tout de même d'une gravitude (spéciale dédicace) qui...non, ça fait trop de qui. (tiens je viens de découvrir que si on inverse le a et le i dans "fait", ça donne "fiat". Complètement dingue ça.) Je reprends.
    Mais tel n'est pas le sujet de mon propos dont la gravissitude mérite une certaine gravité. Voilà, ça, c'est dit.

    Je vous entends déjà, vous, lecteurs que je compte par milliers sur les doigts de ma main gauche : "Mon dieu! Mais que s'est-il passé pour qu'il y ait autant de gravititude dans le propos de Marge? Mon dieu, quel suspense, c'est totalement insoutenable!"
    Et bien je vais vous répondre cher lecteur (oui, sans s, j'ai revu mes ambitions à la baisse). Il y a longtemps, il s'est passé une chose horrible que j'aurais préféré ne pas connaître.
    Il y a 10 ans...(attention suspense)... j'ai eu 16 ans.

    Bon là, je sais ce que vous pensez, c'est quoi ces conneries, évidemment qu'elle a eu 16 ans, tout ça pour ça, ouhhhhh, remboursés!!! Et pourtant, c'est beaucoup plus dramatique que ça en a l'air, comme ça de prime abord. Et vous allez comprendre pourquoi.

    Je suis tombée récemment sur ce que l'on nomme communément un "journal intime", intime parcque seule celle qui l'a écrit et sa mère (ou son frère, sa soeur, son père voire les voisins) peuvent le lire. Vous vous en doutez, ce journal était le mien, c'était celui de l'année scolaire 1996-1997. J'avais 16 ans, j'étais en première et apparemment, j'en tenais une bonne couche.

    Pour que vous compreniez bien le désespoir qui m'a envahie à la lecture de ces pages jaunies par les années et le café qui a coulé dessus, je vous en donnerai quelques extraits choisis avec soin. Pour préserver l'anonymat des personnes citées dans ces extraits et afin qu'aucun prcès en diffamation ne me soit intenté, j'ai chosi de modifier leur nom. Ainsi, Pamela sera nommée "cette grosse conne de Pamela", Michel sera nommé "ce gros blaireau de Michel", Brian sera nommé "celui que j'aime en secret" et ma mère sera nommée Maman.


    3 septembre 1996:
    Je suis trop dégoûtée de la vie. J'ai trop pas envie d'aller en cours et de voir cette grosse conne de Pamela. J'ai carrément pas oublié qu'avant les vacances, elle avait déchiré son jean aux genoux exactement comme le mien. Je vais la buter.

    18 novembre
    Aaaah! Mon dieu, j'ai un furoncle de la taille d'u pif de cette grosse conne de Pamela qui a poussé pendant la nuit en plein sur les 3 cm² où j'avais pas de boutons! J'ai peur que celui que j'aime en secret me traite encore de boudin.

    20 décembre
    J'ai trop hâte d'être à Noël mais en même temps j'ai trop pas hâte. Maman m'a promis de m'acheter des Doc Martens mais je suis sûre qu'elle va faire comme l'année dernière et qu'elle va m'offrir l'anthologie des meilleures histoires de Pierre Bellemare. Je serais trop dégoûtée.
    En tout cas, ce gros blaireau de Michel m'a promis de me faire un cadeau, fabriqué par lui-même. Je m'inquière quand même un peu parcque je l'ai vu ramasser des vieux chewing gums dans la cour cette aprèm et il m'a fait un sourire de vicelard quand il m'a vu. Quel gros blaireau.


    18 janvier
    Aaahhh! trop nul!! Maman m'a piqué en train de fumer dans la maison. Pourtant j'avais pris des précautions. J'ai aspergé du déo Eau Jeune dans ma chambre pour pas que ça sente, j'ai même vidé la bombe. Je comprends pas pourquoi tout a cramé. Le point positif, c'est que j'aurais pas à m'épiler les sourcils pendant un moment.

    26 mars
    Je suis trop in love! Celui que j'aime en secret m'a dit bonjour aujourd'hui! Même si cette grosse conne de Pamela dit que j'arriverais jamais à sortir avec lui à cause de ma tête de morue, je suis sûre qu'il se passe un truc entre nous.

    15 juin
    Zut, j'avais oublié qu'on avait le bac de Français cette année. Avec tout ce qui m'arrive, ça m'était complètement sorti de la tête. Ca c'est à cause de ce gros blaireau de Michel. Depuis qu'on sort ensemble, j''arrête pas d'avoir des boutons de fièvre, ça me déconcentre.

    21 juillet
    Qu'est ce que je m'emmerde. J'aurais pas du larguer ce gros blaireau de Michel quand j'ai su que cette grosse conne de Pamela ne sortait plus avec celui que j'aime en secret. D'autant plus que maintenant qu'il m'a dit en plein milieu du lycée :"t'arrête de me coller le thon!", je ne suis plus si sûre que ça de l'aimer. L'herpès me manque.

    Etc, etc.
    Alors quand je vous disais que c'était dramatique, vous comprenez maintenant?

    January 17

    Français, françaises!

    Suite à la candidature ô combien salvatrice de notre ami le Prince du Goûter au poste tant convoité de président de la République, je me suis vue assigner la lourde tâche de gérer un ministère et pas des moindres, le Ministère de la Psychologie et des Enterrements. Mais à quoi sert donc un tel ministère me demanderez-vous et la question est légitime puisqu'à l'heure où j'écris ces mots, je n'en ai moi-même pas la moindre idée. En même temps, ça arrive souvent dans les ministères qu'on ait pas la moindre idée de ce qu'on y fait et là, tout de suite, ça m'arrange pas mal.

    Je tiens donc tout d'abord à vous remercier cher Président pour les longues heures que je vais passer à tenter de savoir pourquoi je suis payée, grassement je l'espère (ce qui ne signifie pas que je veux être payée en foie gras, quoique c'est une idée).

    Bon, déjà, en ce qui concerne les enterrements, il va sans dire qu'une révolution est en marche. Finis les cérémonies larmoyantes, les sanglots hystériques sur fond de Céline Dion et les nez qui coulent sans aucune dignité. A bas les cercueils ternes, les ambiances lourdes, les costumes sombres ,les cheveux gras et les pointes sèches. On sait, les enterrements c'est triste, je ne vois aucune raison d'en rajouter, ne tirons pas sur le corbillard .Tiens, voilà une bonne blague pour un enterrement! Ne tirons pas sur le corbillard! ah!ah!ah! Je sais, au début, il faut se forcer à rire, mais avec l'habitude, les enterrements deviendront une véritable occasion de se fendre la gueule.

    Je propose d'instaurer des enterrements à thèmes qui raviront petits et grands :

    - enterrements de Noël avec cercueils tirés par des rennes et Père Noël qui tient le mort sur ses genoux. Bon, cela va sans dire, il faut que le mort meure en période de Noël. Si votre proche meurt en avril, n'attendez pas sept mois pour l'enterrer tout ça pour faire plaisir à vos gamins . Un peu de bon sens quand même.

    - enterrements de Pâques avec chasse aux oeufs de pâque dans le cimetière, pratique pour éviter d'avoir les gamins dans les pattes. Dès que le glas sonnera au clocher de l'église, hop, y aura plus qu'à aller chercher ses oeufs! Pratique non?

    - enterrements du samedi soir avec boule à facettes, paillettes, champagne et DJ. Le cercueil pourra à cette occasion être recouvert au choix de fourrure, de de vynil, de skaï ou de toute autre matière synthétique hautement inflammable mais qui fait fureur chez les djeuns. Pour la modique somme de 150 000 €, David Guetta se chargera de l'oraison funèbre.Un videur vous fouillera à l'entrée de l'église. Gratuit pour les filles à partir de 23h.
    L'enterrement du samedi soir peut se décliner de plusieurs façons : enterrement-mousse, enterrement tee-shirt mouillé (y compris pour le défunt si c'est une défunte), enterrement happy hour, etc, etc...

    - enterrement-ciné : quitte à être dans une grande salle mal éclairée, autant en profiter pour regarder un bon film, d'autant plus que l'accoustique s'y prête bien. Un star Wars dans une église, je vous jure qu'on s'y croirait. Peut-être décliné en spécial Louis de Funès, spécial Bertrand Blier ou encore spécial Pierre Desproges si le défunt est mort d'un cancer et que vous êtes bien certains que tout le monde a le sens de l'humour.

    - enterrement-enterrement de vie de garçon : plus besoin de fabriquer un petit cercueil pour récolter des sous puisque vous en avez un grandeur nature sous la main.

    Vous l'aurez compris, les possibilités de faire d'un enterrement une fête inoubliable sont multiples alors pourquoi se priver? Toute personne qui sera prise en flagrant délit de reniflement ou de sanglot déchirant sera puni d'une amende de 75€ et devra, en réparation du préjudice infligé aux autres personnes présentes, se soumettre à un gage qui sera laissé à l'appréciation du fonctionnaire de police aui aura été appelé sur les lieux. Sachez tout de même pour information qu'il peut s'agir de rester attaché à une pierre tombale une nuit entière ou encore de réciter un sketch de Fernand Reynaud.


    En ce qui concerne la partie psychologie de mon ministère, je serais brève d'autant plus que le principe est très simple. Il s'agit de faire de chaque Français un individu bien dans sa peau, bien dans sa tête, qui n'a plus peur d'être lui-même, qui respire le bien-être et la plénitude et dont le sourire radieux éclaire de sa beauté la République toute entière. Comment faire me direz-vous, n'est ce pas une tâche impossible, une utopie, un rêve fou? Et bien , je ne dirai qu'une chose : LSD. Et voilà, c'est pas compliqué non? Etonnant que peronne n'y ait pensé avant.

    Voilà, je crois que les choses sont maintenant claires, ma mission est bien définie et je dois dire que je ne suis pas peu fière de moi et bientôt, chères Françaises, chers Français, je vous garantis que vous le serez aussi, tout ceci grâce au Président qui, dans son immense sagesse, m'a confié ce ministère plein d'avenir.

    Je vous souhaite à tous, mes chers compatriotes, une bonne et heureuse année.

    January 09

    Stupeur et tremblement

    Tiens, encore un enterrement...
    January 07

    "Oh! Qu'il est mignon ce bébé!" Freud

    Tout d'abord, meilleurs voeux, bla bla bla, bonne année tout ça, vive 2007 et vive la France.
    Bon, ça c'est fait, passons maintenant aux choses sérieuses.

    Contrairement à Tchômi, je ne placerai pas l'année 2007 sous le double signe de la soupe aux navets et des gâteaux secs mais bien sous le signe du complexe d'Oedipe et de l'angoisse de castration. Je sais, vous vous demandez si une consommation excessive de foie gras n'aurait pas provoqué chez moi des poussées délirantes, mais ce n'est pas le cas, même si ma consommation de foie gras fût effectivement excessive. Non, ce qui m'arrive c'est que j'ai été contrainte quasiment sous la torture de me plonger dans le monde merveilleux de la psychologie avec de chouettes trucs comme l'incomplétude narcissique, l'angoisse schizoparanoïde, la colique des trois premiers mois, l'épigenèse interactionnelle et encore plein d'autres joyeusetés qui vous donnent envie d'aller cracher sur la tombe de Freud.

    Car Freud, c'était quand même un mec super drôle. Freud nous apprend en effet qu'entre 6 mois et un an , on était cannibale. Ca, déjà, c'est important de le savoir puisque ça nous évite par la suite de se faire attaquer par un monstrueux bébé mangeur d'homme. Sachant ça, on prendra garde à ne pas trop s'approcher d'un bébé entre 6 mois et un an, ou encore de l'attacher.

    Bon, le cannibalisme, ça fout un peu les boules, mais ça passe, heureusement. Parcqu'après arrive le désormais célèbre stade anal dont je vous passerai les détails scatologiques. Sachez seulement qu'à cette merveilleuse période de votre vie, vous vous serviez de ce que Freud appelle pudiquement "boudin fécal" (si, si, c'est véridique) comme monnaie d'échange avec votre mère. Après je sais pas trop comment ça se passe, si c'est du genre "tiens, je t'échange un boudin fécal contre une image collector Panini" mais en tout cas, moi, ça m'interroge au plus profond de mon inconscient..

    Bon, comme au bout d'un moment on en a marre de faire joujou avec des boudins fécaux, on décide alors de devenir au choix: sadique (tiens maman, prends ça dans ta face), masochique (oh oui maman, fais-moi mal), ambivalent (tiens maman que j'aime, prends ça dans ta face) ou encore bisexuel (euh...) Bref, on a que l'embarras du choix, et c'est ça qui est bien. Précisons qu'à ce stade, on a pas encore deux ans mais qu'on a quand même vécu de sacrées aventures, vous ne trouvez pas?
    Mais ce n'est pas fini puisqu'ensuite arrive une période tout à fait hilarante où le petit garçon ne peut supporter que sa mère n'ait pas de pénis (non, n'essayez pas de visualiser votre mère avec un pénis, ça peut être extrêmement destructeur), tandis que la petite fille, elle rêve d'en avoir un . Si Freud le dit, c'est que c'est sans doute vrai mais je ne peux quand m'empêcher de ressentir comme une angoisse à cette idée.

    Bon ensuite, c'est le grand classique, on a envie de coucher avec sa mère et de tuer son père mais ça tout le monde le fait...non, pardon, tout le monde le sait, excusez-moi, c'était sans doute un lapsus révélateur d'un conflit psychique refoulé.

    Et après tous ces épisodes où on s'est quand même bien fendu la poire, et bien ça se calme, on a 5 ans, on va à l'école et c'est moins drôle puisqu'on a plus droit d'échanger son caca contre des images panini, on a plus droit de tuer papa ni d'imaginer maman avec un zizi. Nul. J'veux paaaaaaas aller à l'école!!!!

    Voilà en tout cas un petit aperçu de ce que je suis en train d'endurer dans mon école de sauveur de l'humanité alors que franchement, pour sauver l'humanité, je crois pas qu'il soit forcément utile de savoir que les bébés sont cannibales, il suffit juste de savoir chanter "heal the world" de Mickaël jackson et pouf! l'humanité est sauvée. Alors euh, hein, bon.

    Chuis fatiguée, moi.


    December 19

    Vérités fondamentales

    J'écris ces quelques mots de Carhaix où mes collègues m'ayant lâchement abandonné, je me retrouve dans l'obligation de ne rien faire. Et rien faire à Carhaix, je peux vous assurer que comme torture psychologique, on a rien fait de mieux depuis faire plein de trucs à Rimou.
    Effectivement, je n'ai révélé aucune vérité fondamentale depuis un bon bout de temps, à peu près 26 ans pour être plus précise et j'avoue être un peu à court. Faut croire qu'à Carhaix, les vérités fondamentales ne courent pas les rues et je les comprends. Moi-même, je n'irais pas courir les rues par un froid pareil.
     
    Je préfère regarder les enterrements qui se succèdent toute la journée devant mon lieu de travail pendant qu'il y en a qui se les gèlent dans des boîtes en sapin. je sais qu'on a fait plus gaî comme passe-temps, mais en même temps, quoi de mieux pour réfléchir au sens de la vie qu'un bon enterrement. Surtout qu'en ce moment, vue la fréquence des processions, il semblerait que la population de Carhaix soit en train de s'éteindre. J'ai peur.
     
    Rien qu'hier après-midi, il y en avait deux, ce qui m'a sauvé d'une mort certaine par overdose de réunion alors que je m'éteignais doucement en écoutant mes collègues parler. Parcque moi, je ne parle pas en réunion, je suis stagiaire, j'ai donc le privilège de pouvoir m'endormir sans que ça prête à conséquences.
    Et donc, (pas joli ça), alors que la bave commençait à déborder dangereusement des commissures de mes lèvres, un délicieux son de cloche m'a sorti de ma torpeur et j'ai ainsi pu survivre à ces longues heures de réunion, en réfléchissant à mon propre enterrement et en me demandant si les gens auraient la décence de paraître tristes, ce qui n'était pas le cas de l'enterrement auquel j'ai assisté de ma fenêtre.
     
    Aujourd'hui, c'est pire, le chauffeur du corbillard lit son journal dans son fourgon et je vous parie tout un tas d'argent que je n'ai pas que ce n'est pas les avis de décès, quoique je suis trop loin pour le voir. J'ai bien l'impression que ce sont les pages de la bourse.
     
    Bref, pour asséner tout de même une vérité fondamentale à la fin de ce billet, je dirais qu'il vaut mieux être vivant et lire les pages de la bourse dans un corbillard plutôt que mort dans une boîte en bois avec rien à lire, à moins qu'on vous enterre avec le Larousse, ce qui serait quand même une idée à la con.
     
    Sur ce , je vais continuer à m'éteindre doucement au son des cloches.
    November 18

    Commerce équitable



    En ces temps de luttes politiques acharnées, j'ai décidé de me livrer à une petite étude comparatives des produits dérivés vendus sur les sites internet des principaux partis. En effet, le meilleur moyen de choisir un candidat n'est-il pas de se pencher sur ce qu'il a à nous vendre? Hein?

    Déjà, c'est avec une grande déception que je n'ai trouvé sur le site décidemment trop sérieux du Parti Communiste aucun pin's à vendre ni aucun tee-shirt de Marie-Georges Buffet et encore moins de Georges Marchais, aucun manuel sur la façon de monter un kolkhoz, ce qui pourtant leur aurait donné un sacré coup de pouce dans la course aux élections. Déception également sur le site de la LCR qui possède une boutique mais uniquement constituée de revues subversives dont le journal Rouge qui apparemment est en en danger ce qui tente à prouver qu'à la LCR, on n'est pas des supers commerçants.

    Heureusement, chez les Verts, on a bien compris qu'il fallait appâter le chalant avec un peu de merchandising sympathqiue, ce qu'ils nomment sur leur site du "matériel de campagne", en même temps, on est chez les Verts. Et là, je dis oui! Des autocollants vendus par rouleaux de 1000 pour redécoller entièrement son salon, des tee-shirts, des drapeaux et même des pin's! Mais oui, ça existe encore! Un pin's chez les vert coûte quand même 3,05 euros, en plus, on ne sait pas à quoi il ressemble, ça sent quand même le pin's tout pourri avec la photo d'antoine Waechter. Au moins, là-dessus, Lutte Ouvrière est très claire. Au lieu de vouloir nous vendre des trucs pourris, eux ils veulent juste de l'argent par chèque au nom de Jean-Paul Rigollet.

    Mais passons aux choses sérieuses, aux professionnels de la communication commerciale qui font montre d'une débauche d'imagination pour pousser le gens de base à arborer leurs couleurs.

    Le PS nous propose ainsi, outre les traditionnels autocollants pas beaux avec la main qui tient une rose, des produits au design époustouflant, agrémentés de petits commentaires de vente au ton léger pour nous montrer qu'au Parti Socialiste, on sait aussi rigoler. On peut donc trouver des cornes de brume ("Avec elle on va faire du bruit !"), un écharpe polaire ("L'anti coup de froid pour nos manifestations d'hiver"), une boîte de bonbons ("Si à vous aussi la politique du gouvernement laisse un goût amer.." Fallait quand même l'inventer celle-là), une cravate ("Plus d'hésitation dans le choix d'une cravate pour les prochains congrès") et encore plein d'autres produits extarordinaires, des jeux de bridge, des décapsuleurs mais surtout le produit phare du PS: une "Brosse pliable pour les partisans d'une gauche qui décoiffe."
    Un magnifique objet qui pourra vous servir à brosser vos chaussures, vos pellicules ou à faire briller le crâne de Fabius. Je ne peux m'empêcher de dire bravo au PS qui nous présente des objets dignes des plus belles vitrines du Juste Prix. On note tout de même un certain esprit franchouillard dans tous ces objets, on ne sent pas trop la win, la gagne, les canines qui rayent le parquet massif.

    Pour ça, il ya l'UMP. Parcqu'à l'UMP, il n'y a pas de commentaires bidons sur les produits. L'UMP, c'est la sobriété, le bon goût, la classe américaine. Déjà, à l'UMP, ils ont la grande idée de vendre un livret de discours de Nicolas Sarkozy et rien que ça, ça fait envie. Personnellment, je pense qu'ils auraient pu aller jusqu'à vendre des cassettes audio de ses discours ou même un dvd tant qu'à faire, le culte de la personnalité mérite au moins ça. A côté des traditionnelles écharpes, on trouve non pas le décapsuleur comme au PS, mais le limonadier. C'est quand même plus classe parcqu'avec un décapsuleur on ouvre une bouteille de Kronenbourg tandis qu'avec un limonadier, on ouvre une bouteille de perrier. Tout est dit. Le site de l'UMP nous présente un florilège de produits adaptés à l'homme moderne qui n'en veut et qui vont lui faciliter la vie : vide-poche, souris, calculatrice, montre, serviette de plage, sac à dos, cahier à spirales et même des crayons de couleur qui ne sont étonnament pas vendus avec un cahier de coloriage Nicolas Sarkozy, ce qui est quand même la petite déception du site. Notons qu'évidemment, tous ces produits ont été fabriqués en Asie dans un souci de donner du travail aux pauvres gens qui en ont bien besoin là-bas. Du merchandising humanitaire pourrait-on même dire mais on ne le fera pas.

    Je ne voudrais pas oublier dans ce panormama des sites aussi intéressants que celui des Jeunes UDF qui savent nous parler, à nous les jeunes, en nous proposant d'acheter des tee-shirts avec des citations de Jacques Brel (attention, c'est très drôle) :"L'avenir dépend des révolutionnaires et se moque bien des petits révoltés" ou encore Victor Hugo :"A la consigne, je préfère répondre à ma conscience"... On sent bien toute l'âme éprise de rebellion de François Bayrou dans ces citations-chocs qui ont bizarrement l'air d'avoir été piquées à Olivier Besancenot.

    Le Front National quant à lui n'a rien à vendre sur son site, et c'est pas plus mal.




    November 14

    Ô temps, suspends ton vol!

    Tout d'abord, ne nous méprenons pas, je n'ai rien contre les personnes âgées, les gens vieux, ni même les personnes vieillissantes et d'une manière générale contre les gens âgés de plus de 40 ans. Je projette même dans un avenir lointain d'en devenir une, c'est dire tout l'amour que je leur porte.

    Néanmoins, je me dois de mettre un bémol à cet élan d'affection, notamment en ce qui concerne des personnes âgées entre 70 et approximativement 85 ans, de sexe féminin, se trouvant vers 17h au lieu-dit "Le Marché Plus" à Brest. Cette supérette de centre-ville m'inspirait jusqu'ici la plus grande confiance, n'étant fréquentée que par des poivrots confirmés ou en devenir dont l'haleine chargée d'alcool réchauffait agréablement l'atmosphère. Une clientèle pittoresque donc, de la chaleur humaine, de la gueule saoûle à n'importe quelle heure de la journée, de la convivialité et parfois du vomi.

    J'entrais donc aujourd'hui, vers 17h, au Marché Plus pour faire l'achat de quelques denrées alimentaires, j'ai bien dit alimentaires, et quelle ne fût pas ma surprise en découvrant à la place des habituels acheteurs de Vieux Pape en cubis de 12 litres des drôles de personnes ne mesurant pas plus d'un d'1m50, avec des brushings d'un mauve étincelant qui erraient dans les rayons. En même temps, la meute de caniches aux brushings d'un mauve étincelant attachés à l'entrée de la supérette auraient du me mettre la puce à l'oreille, ah ah ah, un bon jeu de mot en passant, ça ne fait de mal à personne.

    Un peu interloquée par la présence de ce public inhabituel, je ne méfiai pourtant pas et me mît à la recherche de choses comestibles à des prix non prohibitifs, ce qui en soit était déjà une épreuve.
    Au niveau du rayon fromage et des produits frais, alors que je m'étais lancée dans une étude comparative fort passionnante des prix au kilo du brie de Meaux, je me sentis soudain observée, comme si un regard malveillant me transperçait le dos. Me retournant, je découvris alors qu'une personne du 15e âge de sexe féminin s'était subrepticement approchée de moi et fixait le rayon fromage, quoique non, vu sa taille, elle fixait mon dos, mais je me suis dit qu'elle tentait de voir le rayon fromage à travers. Ni une ni deux ni même trois, je me suis décalée d'un élégant pas chassé vers la gauche, pensant que cette brave dame avait elle aussi une envie subite de Brie de Meaux, ce qui me l'a rendue tout d'abord sympathique. Malheureusement, elle aussi semblait connaître la technique du pas chassé vers la gauche et elles se rapprocha de moi. "Finalement, elle a changé d'avis,  elle ne veut plus de brie" pensai-je et je pouvais tout-à-fait la comprendre puisque moi-même étant arrivée devant le rayon du fromage de chèvre, j'étais plongée dans le doute. Mais visiblement elle aussi. Pendant la très longue minute qui suivit, je vîs défiler devant moi le münster, l'étorki, le coulommier, le saint-marcellin, la vache qui rit, tout ceci en pas chassé avec l'ombre de la vieille dame dans mes pas, jusqu'à ce que je me retrouve coincée entre les chariots et la dite dame à qui j'avais une envie très forte de hurler "tu vas me lâcher la vieille!". Mais comme je suis une personne bien élevée et que j'ai le respect de mes ancêtres, je la fermai et abandonnai l'idée de manger du fromage au dîner.

    Si ma mésaventure en était restée là, croyez-moi que je n'aurais jamais écrit ce billet où pointe peut-être une certaine animosité. Le problème, c'était que la vieille n°1 (cheveux blancs) était venue avec ses copines la vieille n°2 (cheveux bleus)et la vieille n°3 (cheveux mauves). J'avais entendu parler dans une édifiant reportage de 7 Jours au Groland de la conspiration des vieux qui n'avait qu'une idée en tête, pourrir la vie des gens qui avait la chance de ne pas porter de bas à varices. J'ai eu l'occasion de pouvoir l'observer de mes propres yeux.

    En effet, à chaque rayon une vieille m'attendait, faisant mine d'observer les produits, pile ceux que je voulais acheter. Et si je faisais mine de vouloir tendre le bras par dessus leur épaule pour prendre quelque chose, elles me jettaient un regard assassin en grommelant "non, mais". Le plus bizarre, c'est qu'à trois, je n'ai pas compris comment elles pouvaient être aussi rapides pour changer de rayon compte tenu de leur arthrite galopante. Je crois que malheureusement le drame du dopage a atteint les foyers-logements.

    J'ai tout de même réussi à attraper une bouteille de lait alors que la vieille n°3 était en train de regarder dans le miroir au plafond pour voir où étaient ses machiavéliques copines. Je n'avais alors que quelques secondes pour saisir la bouteille et m'enfuir à toutes jambes vers les caisses où, je le pensais, il ne pouvait plus rien m'arriver. C'était sans compter la vieille n°4 que je n'avais pas encore vu mais qui guettait mon arrivée au rayon fruits et légumes et qui, lorsque j'arrivai pratiquement à sa hauteur, me coupa la route avec une nonchalance qui je l'avoue, suscita mon admiration. Celle-ci, c'était vraisemblablement le cerveau de la bande, celle qui laisse la sale besogne à ses sous-fifres mais qui se réserve le droit d'achever sa victime ce qu'elle fît visiblement avec  déléctation

    Je tentai un "non, mais" ainsi qu'un regard noir voire même assassin qui fût sans effet sinon de la faire sourire; si tenté qu'on puisse appeler son rictus un sourire.

    J'ai réussi à payer ma bouteille de lait, je suis sortie du Marché Plus. La vieille n°4 était devant l'entrée. J'ai cru un instant qu'elle allait me faire un croche-pieds avec sa canne, mais non, de toute façon elle avait déjà gagné. Je suis passé devant la meute de caniches qui me montrèrent leurs belles canines pointues et l'idée m'a peut-être traversée l'esprit d'en prendre un en otage et de lui faire subir les pires sévices qu'un caniche puisse subir, genre une semaine sans mise en pli. Mais j'ai continué ma route, quelque peu humiliée.

    Maintenant j'ai faim. Je mangerais bien un caniche.

    October 25

    Ma vie, ma voiture, mes emmerdes

    Je ne ne vous conterai pas une nouvelle fois mes péripéties automobilistiques quoi que j'en ai une bien bonne à base de roue qui crève et de roue de secours dégonflée , avec l'intervention de personnages truculents (un homme doté d'une calvitie impressionnante avec un catogan, sa femme elle aussi dotée d'une calvitie impressionnante mais sans catogan, des passants aux sourires guoguenards, un cric maléfique et pour finir, un sauveteur moustachu, à savoir mon père), tout ceci dans le Centre Bretagne qui, au niveau trou-du-cul-du-monde, s'apparenterait assez à Rimou.

    Non, je ne vous parlerai pas de l'intense sentiment de gratitude qui m'envahît lorsque le monsieur à la calvitie avec catogan proposa gentîment de m'aider à changer ma roue alors que je m'escrimais avec force "Bordel de merde!" à desserer les écrous de mon pneu à plat. Et je ne vous parlerai pas non plus de l'intense sentiment de solitude qui m'envahît lorsque'au bout de 100 mètres, je me rendis compte que ma roue de secours avait rendue l'âme elle aussi. Et là, je me laisse tout de même aller à l'envie de citer ces quelques mots d'un illustre penseur québecois : "Celui qui n'a jamais été seul au moins une fois dans sa vie, peut-il seulement aimer, peut-il aimer jamais?" Où est le rapport me direz-vous? Et bien je n'en sais rien, mais que celui qui n'a jamais cité Garou dans un billet me jette la première jante. (admirez la virtuosité avec laquelle je reviens à mon non-sujet premier, celui dont je ne parlerai pas, à savoir la malédiction jetée sur la roue avant droite de ma voiture. Tchômi, tu remarqueras que mon problème de parenthèses ne s'arrange guère.)

    Je n'ai aucune envie de m'étendre sur le fait que la nuit à Carhaix, ça fout les boules, non seulement parcqu'il n'y a personne dans les rues mais en plus parcque Carhaix étant la plaque tournante d'un immense trafic de purin d'ortie, il n'est pas rare qu'à la nuit tombée, cette ville se transforme en un théatre de réglement de compte des plus nauséabonds.

    Cette histoire ne vaut pas donc pas la peine d'être contée, surtout quand on sait qu'elle se finit par un misérable cri de désespoir qui a retenti dans la ville entière et dans sa proche banlieue, à savoir :"PAPAAAAA!!!" Ben oui, ça fout les boules.

    La prochaine fois, je ne vous raconterai pas comment j'ai failli être emportée par un cyclone dans les Monts d'Arrée et comment j'ai du lester ma Cinquecento avec des ragondins trouvés au bord de la route.

    October 19

    Coup de mou

    Arggghhh!
    Ceci est un cri d'angoisse alors qu'il est à peu près 7h05, que je suis levée depuis beaucoup trop longtemps et que je suis partie pour passer une journée à participer à d'étranges cérémonies vaudous qui consistent à se réunir autour d'une table et à hocher la tête à intervalles réguliers pendant que quelqu'un parle, ceci pour montrer que l'on est complètement passionné par ce qu'il dit mais aussi pour éviter l'endormissement qui peut arriver très brutalement si on prend le risque de ne pas bouger pendant plus de 2 minutes 30.
    Voilà, aujourd'hui, je passe ma journée en réunion et je peux même vous dire que je vais manger un sandwich mou ce midi, probablement garni de tomates et de salade molles avec une tranche de jambon flasque. Tout ça sur le territoire de la ville de Quimper. Wooooaaah, ça fout les jetons!
    En plus, je suis fatiguée avant d'avoir commencé ma journée que je le rappelle, je vais passer en réunion. Merde.
    Argggghhhh!
    October 06

    Ar Victoire en Chantant

    A l'instar de Tchômi, je dois dire qu'à moi aussi il arrive des trucs pas communs. En témoigne cette étrange matinée du 4 octobre 2006 où, comme tous les matins depuis quelques semaines, j'enfourchais mon bolide (et oui, ce qui est bien avec une cinquecento, c'est qu'on peut s'en servir comme voiture ou alors comme cyclo si on veut, sauf que le guidon est à l'intérieur de l'habitacle et ça, c'est un peu mal foutu, enfin pour ce que j'en dis) pour me rendre à mon stage de sauveuse de l'humanité dans un recoin mal fâmé du Finistère.

    Je cheminais gaîement sur une route plaisible, admirant l'éveil de la nature et des éboueurs lorsque j'arrivai sur une route obscure qui marque l'entrée dans ce que l'on appelle communément dans notre pays "Ar Monts d'Arrée" (traduire Les Monts d'Arrée). Cet endroit particulier de par chez moi est caractérisé par une lande arride surmontée de crêtes rocheuses qui lancent des ombres inquiétantes sur le bitume de la route. Battu par les vents, ce territoire hostile où rien ne pousse a la réputation d'être peuplé d'êtres étranges qui ont la particularité d'être très très lents.

    Dans notre pays, on appelle communément cette créature "Ar Semi-Remorque" (traduire Le Semi-Remorque) ou encore "Ar 38 Tonnes" (traduire...oh et puis faites-le vous-même). Ce monstre a la particularité de se mouvoir sur les routes et de se mettre en branle le jour où vous êtes à la bourre et que vous avez pas que ça à foutre et que ça va bien deux minutes de cheminer gaîement sur des routes paisibles mais bon, y a des gens qui bossent aussi.

    Donc, en arrivant aux portes de ce que l'on nomme communément dans notre pays "Ar Route qui Fout les Boules" (...), j'avais décidé d'accélérer un peu le mouvement et de regagner l'habitacle de mon bolide où, il est vrai, il est plus facile d'atteindre l'accélérateur qu'à cheval sur le capot (ou plutôt en amazone parcque je suis une femme). Et là, au détour d'un virage particulièrement menaçant (avec des dents pointus et tout), je tombe nez à nez avec une meute de que l'on nomme communément dans notre pays "Ar Semi-Remorque". La route en était recouverte à perte de vue et l'angoisse m'étreint à la pensée que j'allais devoir les affronter un par un si je ne voulais pas mourir asphixiée par les gazs d'échappement de ce troupeau de monstres.

    Au péril de ma vie, je dépassai discrètement les deux premiers en sifflotant de manière innocente, espérant me faire passer pour une simple promeneuse sans intention hostile. Et le stratagème marcha parfaitement, je passai sans encombre. Je pensai alors que j'avais fait le plus dur, j'avais vaincu ma peur du 38 Tonnes et des gnomes qui leur tenaient la bride, "Ar Cammioneurs à Moustaches". C'était sans compter le dernier de la file qui avait remarqué ma ruse et trouvait mon insouciance suspecte. Il avait subrepticement (mot compte triple) ralenti alors que j'approchais et s'engagea alors une lutte sans merci dont l'enjeu principal était l'arrivée en temps et en heure sur mon lieu de stage sous peine d'une décapitation douloureuse. Celui qui a déjà essayé de doubler quoi que ce soit avec une Fiat Cinquecento sur un faux plat sait de quel combat je parle. Alors que j'étais en pleine accélération pour prendre mon envol et dire adieu au monstre d'acier, celui-ci décida subitement d'entamer une accélération fulgurante digne d'une 4L ou d'un scooter non bridé. Et à ce moment-là, prise entre deux feux, c'est-à-dire prise entre Ar 38 Tonnes et un fossé, alors qu'en face arrivait un de leur congénère, je fûs contrainte à la retraite, un abandon honteux qui me fît rougir de honte. Car oui, la particularité du Semi-Remorque est de pouvoir à distance appeler un ou plusieurs de ses amis pour réduire à néant vos espoirs de victoire sur lui.

    J'ai donc fait profil bas (très bas, à peu près 75 km/h en vitesse de pointe) jusqu'à mon lieu de stage où la décapitation fût effectivement douloureuse.

    Il s'avère que l'empire de Ar Semi-Remorque semble relativement étendu puisqu'en prenant une autre route sur le chemin du retour, cette fameuse route que dans notre pays on appelle communément "Ar Voie Express", j'en ai aussi croisé un paquet. Et là, malgré quelques combats parfois assez rudes, ce n'est pas sans fierté que je peux dire que je les ai tous fumés, un par un, sans siffloter innocemment mais en les abreuvant d'insultes. Et ça, ça fait du bien.

    Sinon, ça va bien, je suis pas stressée ni rien...
    September 15

    Cinquecento mon amour

    Alors que je subis depuis quelques mois des attaques répétées et injustes de la part de mon entourage proche et lointain concernant mon moyen de locomotion, j'ai décidé de prendre les choses en main et de créer une association (encore une, je sais, mais on ne s'en lasse jamais), à savoir l'A.D.P.F.C : l'Association de Défense des Propriétaires de Fiat Cinquecento.

    Propriétaires de Fiat Cinquecento du monde entier, réveillez-vous! Nous ne pouvons plus accepter cette discrimination! La voiture naine a aussi le droit de vivre! Pensez aux souffrances qui leur sont infligées chaque jour, aux jeux de mots faciles qu'elles supportent en silence ("Ahahahah! t'es venue en Fiotte aujourd'hui?"), aux insultes qu'elles se prennent en plein pare-choc à longueur de temps ("Ahahahahah! t'as une voiture sans permis toi? ahahahahahah!). Pensez à la dépression qui guette votre voiture et à ses conséquences inévitables : insomnie, manque de vitalité au démarrage, fuite d'huile, carrosserie terne, alcoolisme par imprégnation des fauteuils et surtout le terrible suicide des Cinquecento qui finissent souvent par se jeter de désespoir contre un bonzaï.

    Il est temps de réagir contre cette injustice. Il est temps de montrer à la population ignorante que la Fiat Cinquecento, ce n'est pas seulement une voiture, c'est un art de vivre et que sous cette frêle carcasse se cache un coeur qui souffre. Je tiens à vous démontrer par a+b/x²=1/3y+2 que la Cinquecento, elle en a sous le capot :

    1. Déjà, elle a un moteur et ça, on ne pourra pas me dire que c'est pas un gros avantage pour une voiture.

    2. Elle a une carrosserie et ça aussi, c'est quand même plutôt pratique.

    3. Et je vous parle même pas des pneus.

    4. Dans quelle autre voiture n'avez-vous qu'à tendre le bras pour prendre quelque chose sue la plage arrière alors que vous êtes assis sur le siège conducteur?

    5. Vous trouverez également un vaste choix de couleurs chatoyantes pour sa carrosserie, du jaune Bouton d'or au bleu Police Nationale. En ce qui concerne la mienne, elle est bleue claire métallisée, une couleur qui égaye mes journées et qui me fait aimer la vie, rien que ça.

    6. Elle est facile à ranger, si on en a plusieurs, on peut même les empiler ce qui fait un gain de place qui n'est pas à négliger. Il paraît d'ailleurs qu'elles ont été conçues par un ingénieur de chez Lego et qu'on peut construire des maisons avec et une maison en Fiat Cinquecento, c'est pas donné à tout le monde.

    7. Grâce à son réservoir d'une contenance d'approximativement une grande bouteille d'eau, votre plein vous coûte trois fois que dalle. Quelle bonheur de faire des pleins à 3€50! Si c'est pas bon pour le moral ça, j'y perde mon klingon!

    8. Un des trucs supers avec la Cinquecento, c'est que pratiquement personne n'en possède et ça, c'est un gage d'originalité certain.

    9. En plus, sur la mienne, y a des vitres électriques, c'est d'ailleurs ce que j'ai du payer le plus cher.

    10. Enfin, le plus gros avantage de cette voiture et ce qui fait que des gens dépensent de l'argent pour en avoir une, c'est qu'elle roule. Et oui, cette magnifique voiture aux lignes pures et raffinées est aussi capable de vous emmener où vous voulez dans un rayon de 5kms avec un plein. C'est quand même extraordinaire non?

    Si avec tout ça, je ne persuade pas le monde entier de la formidabilité de ma voiture, je crois que personne ne pourra et vous aurez la mort de ma voiture sur la conscience ce qui vous empêchera de dormir pendant les 10 prochaines années et vous donnera des boutons ainsi que des aphtes. Alors, réfléchissez à deux fois avant de vous en prendre à d'innocentes créatures.
    September 12

    C'est par où la sortie?

    Bon, on peut dire que ça aurait pu être pire. Après tout, des rentrées, j'en ai fait des caisses, d'ailleurs, si je compte bien, ça doit faire au moins la... Ouais, enfin j'en ai fait des caisses quoi, pas la peine d'en rajouter. A ce train là, ce seront mes arrières-petits enfants qui paieront ma retraite et d'ailleurs je les en remercie d'avance.
    Je ne suis pas peu fière d'annoncer que, malgré une mauvaise humeur persistante et des pulsions meurtières soudaines, j'ai répondu poliment à toutes les questions que l'on m'a posées sur mes vacances : "C'était bien tes vacances?", "t'as fait quoi pendant tes vacances?", "Ah ouais, t'as rien fait pendant tes vacances?", "Ah ouais, t'es restée à Brest pendant tes vacances?",  "c'est pas vrai, t'es allée à Rimou pendant tes vacances?", "Mais t'as quand même fait des trucs pendant tes vacances?", et toutes ces questions qui ont une fâcheuse tendance à finir par "tes vacances". Après tout, est-ce que je leur en pose des questions sur leurs vacances moi? hein? Ben non. Parcque je m'en fous et que mes tendances asociales sont à leur apogée.Voilà.

    Après ces petites conversations destinées à détendre l'atmosphère, enfin surtout la miennne parcque faut croire que j'avais l'air tendue avec la veine énorme qui battait sur mon front, nous avons pu passer aux choses sérieuses de notre formation, aux choses qui comptent , aux choses qui font la beauté de notre futur métier et son importance aussi tant sur un plan humain que philosophique, j'entends par là la soirée d'intégration. Car oui messieurs dames, étant maintenant entrés de plein pied en seconde année, l'année de la maturité, il nous faut bien évidemment faire partager notre immense sagesse à la populace inculte que sont les première année.

    S'ensuivit alors une conversation passionnante autant qu'instructive sur les mérites de la brochette sur la chipo pour le barbecue, sur la nécessité d'accueillir les nouveaux par un petit spectacle amusant et divertissant avec comme clou du spectacle une imitation tout ce qu'il y a de plus parodique de nos formateurs (les formateurs en short, les formateurs saoûls, les formateurs à la plage, les formateurs au ski, les formateurs morts,etc), bref sur l'importance de montrer à ces petits branleurs que nous étions des gens accueillants, dynamiques et enjoués et qu'ils avaient tout intérêt à montrer le même enthousiasme sous peine de sévices corporels. A l'annonce de ce programme alléchant, la joie nous a envahis moi et certains de mes camarades et à ce moment là, nous serions bien sortis de l'amphi pour pousser un cri primal (d'émotion) mais le délégué, qui avait eu la finesse d'esprit d'anticiper cet accès de joie, avait pris soin de nous menotter à nos sièges. Nous avons donc étouffé notre cri mais soyez-en sûrs, nos yeux ruisselaient de gratitude.

    Comme nous étions tout de même dans une promotion de futurs travailleurs sociaux, il va sans dire que toutes les décisions fûrent prises démocratiquement par un vote à main levé , notamment sur ces douloureuses questions: "chipo ou merguezs?", "dehors ou dedans?", "Bar ou salle?", "pression ou bouteille?", "intégration ou désintégration?", "la guerre ou la paix?", "tu veux ou tu veux pas?", etc. Malgré un taux d'abstention relativement élevé, à croire que 80% de la promotion était devenu manchot pendant l'été, la question délicate de la soirée d'intégration fût résolue et là, je n'ai pas peur de le dire, la démocratie existe toujours et manifestement, les gens préfèrent les chipos. Et ça, ça fait chaud au coeur.

    Je pensais qu'après ce travail acharné, nous méritions bien quelques heures de sommeil car il était quand même 17h30 mes paupières tombaient dangereusement malgré les allumettes et mes menottes commençaient à m'entailler les poignets. Mais non, le meilleur était encore à venir. Il fallait maintenant se pencher sur l'épineux problème du parrainage des étudiants de première année. Car dans la jungle de cette formation, il est évidemment nécessaire d'avoir un guide (je n'ose pas dire spirituel...Oh, et puis allons-y) spirituel pour ne pas tomber dans des embûches qui pourraient être fatales (dans le désordre : parfois la machine à café rend la monnaie en pièces de 5 centimes, les escaliers sont glissants par temps de pluie, il fait froid dans l'amphi, la secrétaire est pas gentille, le prof de psycho sent mauvais sous les bras par temps sec, etc, etc.) Pour cela, nous nous devons de prendre sous notre aile bienveillante un jeune étudiant frais émoulu de là d'où il vient. Mais on ne doit pas faire ça n'importe comment. Rendons donc les choses amusantes voire même drôles. Organisons un jeu, disons, un jeu de piste où les nouveaux devront retrouver leur parrain . Ensuite, obligeons-les à devenir nos amis pour la vie et à nous apporter du café quand on les sonne. Enfin, là, c'est peut-être moi qui ait mal interprété. En tout cas, le but est clair, accueillons ces jeunes gens innocents comme il se doit, avec tout le naturel dont nous sommes capables.

    A un moment, on nous a libérés et nous sommes sortis un peu hagards mais fiers d'avoir pu contribuer à la grandeur et au prestige de notre futur métier par des débats d'idées constructifs, humains et sincères où le corporatisme n'est certainement pas de mise.

    Du coup, on peut dire que ça aurait pu être pire.