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    January 29

    O temps, suspends ton vol! Le retour

    Y a des jours comme ça où il ne fait pas bon remuer la boue immonde du passé, où il vaut mieux laisser ses vieux souvenirs derrière soi et ne pas regarder en arrière car si on prend le risque de se retourner, on risque de rester enlisé dans la vase.

    Woah!!! Je trouve cette première phrase complètement géniale, pétrie de philosophie et de suspense, je pense qu'on pourrait en faire un film. Mais tel n'est pas le sujet de mon propos qui est tout de même d'une gravitude (spéciale dédicace) qui...non, ça fait trop de qui. (tiens je viens de découvrir que si on inverse le a et le i dans "fait", ça donne "fiat". Complètement dingue ça.) Je reprends.
    Mais tel n'est pas le sujet de mon propos dont la gravissitude mérite une certaine gravité. Voilà, ça, c'est dit.

    Je vous entends déjà, vous, lecteurs que je compte par milliers sur les doigts de ma main gauche : "Mon dieu! Mais que s'est-il passé pour qu'il y ait autant de gravititude dans le propos de Marge? Mon dieu, quel suspense, c'est totalement insoutenable!"
    Et bien je vais vous répondre cher lecteur (oui, sans s, j'ai revu mes ambitions à la baisse). Il y a longtemps, il s'est passé une chose horrible que j'aurais préféré ne pas connaître.
    Il y a 10 ans...(attention suspense)... j'ai eu 16 ans.

    Bon là, je sais ce que vous pensez, c'est quoi ces conneries, évidemment qu'elle a eu 16 ans, tout ça pour ça, ouhhhhh, remboursés!!! Et pourtant, c'est beaucoup plus dramatique que ça en a l'air, comme ça de prime abord. Et vous allez comprendre pourquoi.

    Je suis tombée récemment sur ce que l'on nomme communément un "journal intime", intime parcque seule celle qui l'a écrit et sa mère (ou son frère, sa soeur, son père voire les voisins) peuvent le lire. Vous vous en doutez, ce journal était le mien, c'était celui de l'année scolaire 1996-1997. J'avais 16 ans, j'étais en première et apparemment, j'en tenais une bonne couche.

    Pour que vous compreniez bien le désespoir qui m'a envahie à la lecture de ces pages jaunies par les années et le café qui a coulé dessus, je vous en donnerai quelques extraits choisis avec soin. Pour préserver l'anonymat des personnes citées dans ces extraits et afin qu'aucun prcès en diffamation ne me soit intenté, j'ai chosi de modifier leur nom. Ainsi, Pamela sera nommée "cette grosse conne de Pamela", Michel sera nommé "ce gros blaireau de Michel", Brian sera nommé "celui que j'aime en secret" et ma mère sera nommée Maman.


    3 septembre 1996:
    Je suis trop dégoûtée de la vie. J'ai trop pas envie d'aller en cours et de voir cette grosse conne de Pamela. J'ai carrément pas oublié qu'avant les vacances, elle avait déchiré son jean aux genoux exactement comme le mien. Je vais la buter.

    18 novembre
    Aaaah! Mon dieu, j'ai un furoncle de la taille d'u pif de cette grosse conne de Pamela qui a poussé pendant la nuit en plein sur les 3 cm² où j'avais pas de boutons! J'ai peur que celui que j'aime en secret me traite encore de boudin.

    20 décembre
    J'ai trop hâte d'être à Noël mais en même temps j'ai trop pas hâte. Maman m'a promis de m'acheter des Doc Martens mais je suis sûre qu'elle va faire comme l'année dernière et qu'elle va m'offrir l'anthologie des meilleures histoires de Pierre Bellemare. Je serais trop dégoûtée.
    En tout cas, ce gros blaireau de Michel m'a promis de me faire un cadeau, fabriqué par lui-même. Je m'inquière quand même un peu parcque je l'ai vu ramasser des vieux chewing gums dans la cour cette aprèm et il m'a fait un sourire de vicelard quand il m'a vu. Quel gros blaireau.


    18 janvier
    Aaahhh! trop nul!! Maman m'a piqué en train de fumer dans la maison. Pourtant j'avais pris des précautions. J'ai aspergé du déo Eau Jeune dans ma chambre pour pas que ça sente, j'ai même vidé la bombe. Je comprends pas pourquoi tout a cramé. Le point positif, c'est que j'aurais pas à m'épiler les sourcils pendant un moment.

    26 mars
    Je suis trop in love! Celui que j'aime en secret m'a dit bonjour aujourd'hui! Même si cette grosse conne de Pamela dit que j'arriverais jamais à sortir avec lui à cause de ma tête de morue, je suis sûre qu'il se passe un truc entre nous.

    15 juin
    Zut, j'avais oublié qu'on avait le bac de Français cette année. Avec tout ce qui m'arrive, ça m'était complètement sorti de la tête. Ca c'est à cause de ce gros blaireau de Michel. Depuis qu'on sort ensemble, j''arrête pas d'avoir des boutons de fièvre, ça me déconcentre.

    21 juillet
    Qu'est ce que je m'emmerde. J'aurais pas du larguer ce gros blaireau de Michel quand j'ai su que cette grosse conne de Pamela ne sortait plus avec celui que j'aime en secret. D'autant plus que maintenant qu'il m'a dit en plein milieu du lycée :"t'arrête de me coller le thon!", je ne suis plus si sûre que ça de l'aimer. L'herpès me manque.

    Etc, etc.
    Alors quand je vous disais que c'était dramatique, vous comprenez maintenant?

    June 07

    Les joies simples d'un quotidien sans nuages...

    Je sens qu'on me reproche un peu mon inactivité blogesque et mon manque d'empressement à faire partager mon quotidien qui  mériterait pourtant une double page dans France Soir. Alors, vous l'aurez voulu, voici ce qui s'est passé aujourd'hui dans ma vie trépidante:
    - 5h30 : je me réveille en sursaut à cause d'une douleur fulgurante dans le petit doigt de la main gauche. Je tente une amputation rapide avec une cautérisation à la bougie . Ca pique un peu.
    - 6h :Je me rendors.
    - 7h30: Je me réveille.
    - 7h31: Je te bouscule.
    - 7h32 : Tu ne te réveilles pas.
    - 7h35 : Je me dis qu'il est temps d'arrêter de parler à l'homme invisible.
    - 7h55 : J'ai l'impression que je pue un peu...je prends la décision de prendre une douche.
    - 8h15 : Je me réveille. Tiens je m'étais endormie.
    - 8h20 : Je me fais un gommage aux perles de guarana revitalisantes suivi d'un  soin anti-vieillissement au miel d'acacia. Non, je déconne.
    - 8h20 : Je sors de chez moi .
    - 8h21 : Je n'ai pas bu mon café ce matin, je fais une crise de manque dans la cage d'escalier.
    - 8h23 : J'avale deux cuillérées à soupe de café moulu Carte Noire. Je me sens un peu mieux même si j'ai un peu le palais qui colle.
    - 8h30 : Je démarre ma voiture.
    - 8h32 : Je démarre ma voiture.
    - 8h35 : Ma voiture démarre, elle préfère faire les choses toute seule, j'essaie de ne pas la contrarier.
    - 8h50 : Après un périple motorisé à travers la jungle urbaine où j'ai failli à de moultes reprises m'enliser dans du bitume mouvant, j'arrive à mon école.
    - 9h : J'ai fini de saluer tout le monde. C'était long mais il faut dire que je suis très populaire.
    - 9h30 : Je me gratte la tête.
    - 10h15 : je croise ma jambe gauche sur ma jambe droite.
    - 11h : J'ai une crampe dans le mollet. Je croise ma jambe droite sur ma jambe gauche.
    - 11h30 : Je me racle la gorge.
    - 11h40 : J'ai faim.
    - 12h : Je sors de l'école pour repartir vers un périple motorisé dans la jungle urbaine.
    - 12h15 : J'ouvre la porte de mon appartement.
    - 12h20 : Je trouve un reste de camembert au fond du frigo et un vieux bout de pain derrière la poubelle.
    - 12h25 : Je vais vomir.
    - 13h : Je suis vautrée dans mon canapé et je regarde des mecs tout en shorts et en cuisses se jeter des balles par dessus un filet en poussant des cris virils.
     
    Voilà. Ca, c'est dit.